Quand j’avais une vingtaine d’années, j’étais tous les jours chez Nicolas. Sa maman avait vécu à la Réunion et cuisinait comme on cuisine là-bas, avec naturel, générosité et des parfums que je n’avais encore jamais rencontrés. Moi, jeune fille provençale, je regardais, je goûtais, je posais des questions. C’est dans cette cuisine-là que j’ai appris le rougail saucisse pour la première fois, et c’est cette recette que j’ai recopiée dans mon cahier, à la main, avec l’émotion du moment. Elle y est encore.
Ce souvenir est l’un de ceux qui m’ont donné envie de continuer à explorer les cuisines du monde, de voyager à travers les recettes, de faire éclore ce qui est devenu ma passion. Le rougail saucisse, c’est bien plus qu’un plat pour moi. C’est un point de départ.
La recette est d’une simplicité désarmante : des saucisses pochées, revenues dans un hachis d’ail et d’oignon, mijotées avec des tomates et du gingembre. Quelques ingrédients, un résultat qui surprend toujours ceux qui y goûtent pour la première fois.

Les ingrédients
- Des saucisses (type Montbéliard ou Diots de Savoie de préférence, ou saucisses de poulet chez votre boucher)
- Des tomates fraîches en saison, ou une boîte de tomates pelées le reste de l’année
- Des oignons
- De l’ail
- Du gingembre frais ou en poudre
- Du piment oiseau (facultatif)
- De l’huile d’olive
- Sel, poivre
Mon conseil le plus important
Ne rincez pas la marmite après avoir poché les saucisses. Videz simplement l’eau, et utilisez la même marmite directement pour faire revenir l’ail et l’oignon. Vous gardez ainsi toute la saveur des saucisses au fond, et c’est ce qui fait la différence dans le goût final du plat.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le rougail saucisse et le cari saucisse ?
Les deux sont des plats réunionnais à base de saucisses et de tomates, et la confusion est très fréquente, y compris parmi les Réunionnais eux-mêmes selon les familles et les régions. En pratique, le rougail est généralement plus relevé et plus tomate, tandis que le cari peut intégrer des épices supplémentaires et du curcuma. Les deux se servent avec du riz, des lentilles ou des haricots rouges. Si vous voulez tester les deux, j’ai aussi une recette de cari saucisses de volaille sur le blog.
Quelles saucisses utiliser pour un rougail réunionnais ?
Les saucisses réunionnaises sont difficiles à trouver en métropole. En substitution, privilégiez une grosse saucisse fumée comme la saucisse de Montbéliard ou les Diots de Savoie. Les chipolatas fonctionnent à la rigueur, mais elles sont plus sèches et le résultat sera moins généreux. Chez moi, je prends des saucisses de poulet chez mon boucher de quartier, et c’est excellent.
Tomates fraîches ou en conserve ?
En été, des tomates fraîches bien mûres et juteuses apportent beaucoup de caractère au plat. Le reste de l’année, une boîte de tomates pelées entières ou des tomates concassées en conserve donnent un très bon résultat. Ne cherchez pas à faire avec des tomates fraîches insipides hors saison.
Avec quoi servir le rougail saucisse ?
Les trois accompagnements traditionnels sont le riz blanc, les lentilles et les haricots rouges. En cuisine réunionnaise, on sert souvent le riz avec les lentilles ensemble dans l’assiette, le rougail venant napper le tout. Un riz basmati ou un riz long grain parfument parfaitement l’ensemble.
Peut-on préparer le rougail à l’avance ?
Oui, et c’est même conseillé. Comme tous les plats mijotés, il est encore meilleur réchauffé le lendemain, quand les saveurs ont eu le temps de se développer. Il se congèle très bien, sans saucisses tranchées trop fines pour éviter qu’elles ne se dessèchent à la décongélation.
Le piment est-il obligatoire ?
Non. Le piment oiseau est traditionnel dans la recette réunionnaise, mais son dosage est entièrement à votre goût. Sans piment, le plat reste savoureux et parfumé. Avec une touche de piment, il prend davantage de caractère.
D’autres recettes qui devraient vous plaire
- Rougail aux saucisses chipolatas, pour une version plus légère
- Saucisse lentilles de ma grand-mère, un classique réconfortant
- Accras de morue à l’airfryer, autre grande spécialité des Antilles et de l’océan Indien
- Accras de thon au four
- Cari saucisses de volaille
- Dahl de lentilles corail
Envie d’autres idées pour organiser vos repas de la semaine ? Retrouvez mon menu de la semaine 28 avec 7 recettes du soir pour la famille.

Rougail saucisse
MAtériel utilisé
Ingrédients
Instructions
- Piquez les saucisses et déposez les dans une marmite d’eau bouillante. Laissez cuire 10 minutes. Vider la marmite, ne la rincez pas et utilisez la pour la suite de la recette. Réservez les saucisses.

- Faites chauffer l’huile d’olive dans la marmite
- Emincez l'oignon et l'ail

- Déposez les oignons et l’ail émincés et laissez fondre à feu moyen 5 minutes en remuant (il ne faut pas que ça colore)
- Coupez les saucisses en morceaux puis ajoutez les aux oignons. Mélangez.
- Ajoutez les tomates coupées en petits morceaux, le gingembre le sel, le poivre et le piment.

- Mélangez le tout puis laisser mijoter sur feu doux sans couvercle pendant 15 minutes.
- Servez avec du riz et des lentilles

Pour se rapprocher du rougail de là-bas, on peut rajouter du curcuma… Et quelques feuilles de combava, un genre de citron de la Réunion, mais c’est quasi impossible d’en trouver en métropole ????
j’aodre ce plat, merci pour la recette elle est top !
Bonjour,
Bravo pour votre blog et votre passion pour la cuisine mais en tant que Réunionnaise pur beurre, je tombe à la renverse en lisant votre recette.
À la base, les rougails, c’est oignon, piment et tomates. Jamais d’huile d’olive, c’est une hérésie. Jamais de poivre ni quoique ce soit d’autre.
Rougail saucisses = oignon, piment, tomates et c’est tout.
Votre recette a peut-être du goût et est peut-être bonne mais ne correspond pas à la recette traditionnelle, qui est, selon moi, la meilleure du monde.
Il serait très mal venu selon moi de mettre du curcuma dans un bœuf bourguignon par exemple.
Testez la recette traditionnelle du rougail saucisses et vous verrez.. Bonne journée à vous de l’île de la Réunion.
Bonjour Marie-Laure,
C’est toujours l’histoire qui ne se finit jamais de “la vraie recette” que je ne prétends pas détenir d’ailleurs 🙂
Merci pour votre version, c’est très gentil de l’avoir partagée
Quant à l’huile d’olive dans la recette, je suis Provençale, c’est la seule huile que j’utilise pour cuisiner (ça peut paraitre chauvin, mais j’ai des habitudes tenaces)